poésies classiques, néo classiques, et libres
Monsieur le juge, Depuis hier, je ne me suis pas couché à cause de vous. À la barre des témoins, vous m’avez appelé pour que je vous dise qui à piquer le petit pot de confiture, que le petit chaperon rouge amenait à sa grand’mère. Mais je ne sais pas...
Certains jours je veux m'enfuir loin de vous, Ne plus accepter tous nos rendez‑vous, Et dénier votre existence. Ce désir est fort ! J’en perds la raison. Las! vous êtes depuis mon horizon, Faisant fi de ma résistance. À vos appels je réponds malgré moi,...
Notre Dame de Paris La foule déchaînée hue un homme qui tombe, Et la haine se lit à leur cri répulsion, S'élève une complainte une supplication, Un monologue sourd, une voix d'outre-tombe. Oh secrète douleur ! le venin enfanté Par vos obscurs regards,...
En cette plaine herbeuse Alors que naît l’aurore vaporeuse Parait la harde des chevaux. Sur leur croupe brillante, Le soleil se mire en la sémillante Robe alezane des mustangs. Nés libres, ils galopent Fiers et craintifs, ainsi qu’une antilope. S’enfuit...
Des yeux cristal, de la couleur de la mer, une bouche cerise mûrie au soleil du sud, un minois mince, avec une peau de pêche légèrement ambrée, et de longs cheveux doux et soyeux, Béryl était la coqueluche de la rue. Elle riait aux compliments, ne prenait...
(tableau de Thérèse Cotard Dupré 1877-1920) Dans le village on connaît bien cette silhouette un peu disgracieuse.On sait qu’elle arrive même avant de l’avoir vue, au caquetage des ses oies. Elle parait, derrière ses volatilles, un baton à la main pour...
Il est assis devant l’âtre qui meurt Ses yeux se sont clos sur sa solitude Il est assis devant l’âtre qui meurt Il écoute le bois et sa clameur La flamme causant son inquiétude Se conduisant tel un vil écumeur, À l’assaut d’un cargo ! Mais la rumeur L’avertit...
Alanguis sur une plage de bronze, Devant une mer d’encre bleue Ils rêvaient tous deux d’amour. Une plume passant par là, Entendit leurs songes radieux, Les écouta avec vive attention. Se baignant ensuite en l’onde cyan, Elle écrivit sur une falaise blanche...
(tableau de Claude Joseph Vernet 1714-1784) Il souffle en ce jour , très tumultueux Ce vent, violent, peu respectueux D’accroître mon inquiétude Balayant tout! Son rire monstrueux S’enfle , venu d’un monde tortueux Propagateur d’incertitude. Les pleurs...
Je te trouve au bord de mes rêves Sens frisonner mon âme entre tes mains En ces quelques secondes brèves Où je te rejoins sur tes grands chemins Je te devine dans la brume Voile aérien, te baignant de secret, Aussi gracile qu’une plume Que je déchirerai...
Le bel oiseau blanc, un rameau d’olivier En son bec noir, venait nous convier À l’amour et la tolérance. Mais le monde était comme l’épervier, Broyant l’humain devenant loup-cervier, Où commence l’indifférence. Dans ses yeux diamant perlent des pleurs...
Ho ! J’ai sombré dans l’eau si profonde Au lac de tes yeux. Et pour moi, si longtemps vagabonde, Ils sont merveilleux. Je m’y voyais nue et sans faconde. Précieux Moments bénis, magie en ton monde Radieux. Tes bras sont mon havre en temps d’orage Se trouve...
Au dais du ciel une étoile scintille, Elle a guidé jusqu’ici les bergers Réunis autour d’un feu qui pétille. Ils s’abritaient aux arbres des vergers La nuit d’une naissance. Ils sont venus, craintifs devant la crèche, Dans une auge est couché ce nouveau...
Hiver,mois aux mains glacées Dessine le froid. Hiver, mois aux mains glacées, Les hirondelles lassées Fuyant le beffroi, Dans un bruit d’ailes cassées De leurs plumes délacées Quittent cet endroit. Jeune maladroit! Suis donc les routes tracées, Tais tes...
(cadre de Flormed avec mes remerciements) Je t’espère sous la charmille Le cœur en désarroi Ho ! Viens vite la nuit décroît D’ombres ce bois fourmille L’air fleure le cerfeuil Je t’espère sous la charmille Là-haut vénus scintille Et me fait un petit clin...
(merci Flormed pour le cadre amitié) Il a posé la craie en un geste lent, Comme à regret, s’en est allé vers la porte. Un dernier regard, et d’un pas nonchalant Il traverse la cour, un maître l’escorte . Un signe de la main , puis en cheminant Songe que...
Tout se tait, tout est détresse Quand pleure le vent. Tout se tait, tout est détresse Éole avec allégresse Souffle très souvent, En toute saison, s’empresse De tempêter sans paresse. De Zeus ce fervent Devient le servant Et jamais il ne transgresse, Ce...
Ses beaux yeux d’ambre jaune épient tout alentour, Les oiseaux, sans malice observent à leur tour Cet étrange animal, les regardant sans cesse. Gracieux chat, soumis et rétif tour à tour. Souvent très enjôleur, me quémande caresse Et délicats baisers,...
Les yeux nacrés de pleurs, dans mes paumes, ma vie, J’avance pas à pas, mon cœur est lacéré Couvert de plaies carmin, mon souffle déchiré, Ralentit , requiem d’une âme inassouvie. Aux portes des limbes, mains tendues tu es là, Et une voix cristal, musique...
C’est le temps déjà de l’automne Malicieux le vent chantonne Souffle monotone. L’ombre des arbres au lointain S’agite, mouvante cretonne Aux baisers des cieux s’abandonne Dans l’air froid frissonne La ramure en habit châtain Surveille un petit diablotin...
La caresse de ta voix Les embruns du chagrin, échoués dans mes yeux Moribonds en leurs eaux, roulent sous mes paupières, Perles d’ambre cristal, nées pour un adieu, Aux souvenirs sombres, à ces jours sans lumière. Le souffle de tes mots, la douceur de...
J’aime tes grandes mains Quand elles se posent sur moi Devenant caresses de soie. Ton souffle sur mes lèvres, Sur mes seins nus, mon ventre, Éveille un désir sur ma peau Tes yeux, lacs d’émeraude, Regardent au fond de mon âme Y lisent un psaume d’amour....
Dans ton cœur enfantin, s’ouvre une belle rose Une fleur de velours au parfum capiteux, Son calice enivrant son reflet dans tes yeux, Éveille en toi, la femme et te métamorphose. Ta quintessence entend le chant sourd d’un adieu, Un bruissement très doux,...
Jusqu'à l'impossible Entre mes doigts fuit le sable du temps, Sous mes cils clos se meurtrissent mes larmes, Perles de joie au seuil de mon printemps, Après l’hiver enivré de vacarmes. Des stigmates sur ma peau meurtrie, Ma déraison a tatoué en creux,...
L’eau claire sous le pont, s’étire nonchalante Et son flot au doux clapotis Danse aux rives de cailloutis Jase avec les oiseaux de sa voix ruisselante. Sur l’onde azur, glisse un bateau En son sillage argent la sterne pétulante Pêche puis s’envole aussitôt...